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- Parc Naturel Régional du Luberon
- Insectes
Dans le massif du Luberon, on rencontre de nombreuses espèces d'orthoptères communément appelées sauterelles. Ces insectes fréquentent les pelouses, les friches, les lisières de forêt et les garrigues du territoire.
Parmi les formes les plus remarquables figure la Saga pedo, une grande sauterelle carnivore souvent citée comme l'un des insectes les plus longs que l'on puisse observer en France.
Les orthoptères (sauterelles, criquets, grillons) jouent un rôle important dans les écosystèmes locaux : ils servent de proies à de nombreux vertébrés, participent à la régulation des végétaux et, pour certaines espèces, contribuent au contrôle d'autres insectes.
Beaucoup d'espèces mais toujours 6 pattes
Le terme sauterelle regroupe en langage courant plusieurs groupes d'orthoptères. Tous présentent 6 pattes, dont les deux postérieures sont généralement puissantes et adaptées au saut. Leur taille, leur couleur et leur mode de vie varient fortement : certaines espèces sont discrètement vertes ou brunes et se camouflent au milieu des plantes, d'autres ont des teintes plus vives ou des dessins marqués.
Les orthoptères se divisent principalement en deux grands groupes techniques : les Caelifera (souvent appelés « criquets ») avec des antennes courtes, et les Ensifera (grillons et sauterelles à longues antennes) dont font partie les sauterelles longues oreilles ou les tettigoniides. Le mécanisme de production du son, la forme des antennes et la structure des ailes permettent de différencier ces groupes sur le terrain.
Habitat et répartition dans le Luberon
Dans le Luberon, on trouve des espèces adaptées aux pelouses sèches, aux garrigues, aux prés et aux lisières boisées. Les espèces thermophiles (aimant les milieux chauds et secs) sont particulièrement communes sur les pentes ensoleillées. Certaines espèces rares se cantonnent à des microhabitats précis comme les prairies riches en fleurs ou les bords de chemins peu perturbés.
Particularités de la sauterelle
Production de sons : la stridulation
La plupart des mâles produisent des sons pour attirer les femelles ou défendre un territoire : on appelle cela la stridulation. Le mécanisme varie selon le groupe : les Ensifera frottent généralement des parties des ailes l'une contre l'autre (file et grattoir), tandis que certains Caelifera frottent une patte arrière contre l'aile. Seules quelques femelles émettent des sons dans certaines espèces.
Reproduction et cycle de vie
La reproduction varie selon les familles. Chez plusieurs Tettigoniidae (sauterelles à longues antennes), le mâle fournit une sécrétion nutritive appelée spermatophylax qui accompagne le spermatophore ; la femelle la consomme après l'accouplement, ce qui augmente la probabilité de fécondation et apporte un apport nutritif pour la ponte. Les femelles pondent ensuite des œufs, souvent de forme allongée ou ovale, déposés dans le sol, dans des tiges ou sous l'écorce selon les espèces. Les œufs passent généralement l'hiver et les nymphes apparaissent au printemps, subissant plusieurs mues avant d'atteindre l'âge adulte.
Alimentation
La plupart des sauterelles sont herbivores et se nourrissent de feuilles, tiges et fleurs. Toutefois, certaines espèces sont omnivores ou franchement prédateurs : elles consomment d'autres insectes, des escargots et parfois de petits vertébrés. C'est le cas de la Saga pedo, qui est majoritairement carnivore et se nourrit d'insectes et autres arthropodes.
Hormis quelques espèces de grande taille que l'on trouve en Europe ou dans les milieux tropicaux qui peuvent pincer ou mordre, la sauterelle ne s'attaque de manière générale pas à l'homme.
Quand observer les sauterelles ?
Les adultes sont le plus souvent visibles de la fin du printemps à l'automne, selon les espèces et la météo. Les chants des mâles sont particulièrement audibles en été, à la tombée du jour et lors des périodes chaudes et sèches. Pour les observer, privilégiez les moments ensoleillés et les milieux floristiques riches, en marchant lentement le long des lisières et des prairies.
Rôle écologique et conservation
Les sauterelles sont des indicateurs utiles de la qualité des milieux ouverts : une grande diversité d'espèces signale souvent une prairie riche et peu perturbée. Certaines espèces sont sensibles à la perte d'habitat (réduction des prairies, intensification agricole, fragmentation) et déclinent localement. Favoriser la conservation passe par le maintien de bandes enherbées, de prairies fleuries et de lisières riches en végétation.
Page mise à jour le 18/12/2025

















