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Dans le Luberon, la chenille processionnaire est un problème fréquent pour les pins et parfois pour les chênes. Ces larves de papillons forment des nids soyeux sur les arbres et se déplacent en file indienne lorsqu’elles vont se nourrir ou descendre au sol pour se nymphoser. Elles présentent un risque sanitaire avéré pour l’homme, les animaux domestiques et la santé des arbres.
Le nom de la chenille processionnaire du pin vient de sa manière de se déplacer en file indienne et de sa préférence pour les aiguilles de pin.
Les chenilles processionnaires se déplacent en file indienne et forment des colonies facilement repérables. Les larves mesurent jusqu’à 4 cm, ont un corps brun avec des taches rougeâtres et portent de nombreux poils urticants. Les espèces les plus rencontrées sont la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et la processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea).
Des chenilles dotées d'armes redoutables
Leur corps est recouvert de poils particulièrement urticants contenant une protéine allergisante, apparue au 3e stade larvaire. Ces poils peuvent provoquer des réactions cutanées (démangeaisons, rougeurs), des troubles oculaires et respiratoires, et, chez les personnes sensibles, des réactions sévères voire un choc anaphylactique.
Les poils urticants restent actifs pendant 2 à 3 ans : ils se conservent dans les nids, sur les mues ou dispersés autour des arbres, et peuvent provoquer des réactions même si la chenille est morte ou écrasée.
Elles sont aussi dangereuses pour les animaux : en cas d’ingestion ou de contact, les chiens peuvent présenter une nécrose de la langue et des difficultés à s’alimenter. En présence de symptômes chez un animal, il est nécessaire de consulter rapidement un vétérinaire.
En règle générale, il est essentiel d’éviter tout contact avec les chenilles, les nids et les zones potentiellement infestées. Portez des vêtements couvrants en forêt et éloignez enfants et animaux des arbres portant des nids.
En cas de contact : rincez immédiatement la zone exposée à l’eau sans frotter. Si des symptômes importants apparaissent, consultez un médecin ; pour un animal, appelez un vétérinaire.
Les pins sont affaiblis par l'insecte
Les chenilles vivent dans des nids soyeux, souvent situés en haut des pins. La processionnaire du pin construit des nids en forme de fuseau blanc. Elles se nourrissent principalement des aiguilles de pins (pin d’Alep, maritime, sylvestre, etc.), provoquant une perte de feuillage qui affaiblit l’arbre, réduit sa croissance et le rend plus vulnérable aux maladies et autres ravageurs.
Cycle de vie et période à risque
Les œufs sont pondus à la fin de l'été ; les larves éclosent généralement en avril. Pour la processionnaire du pin, les chenilles peuvent descendre en procession au sol dès le mois de mars pour se nymphoser. On observe donc un risque majeur du printemps au début de l'été. Les poils urticants apparaissent à partir du troisième stade larvaire.
Comment lutter
Plusieurs moyens existent pour limiter la pullulation, en tenant compte de la sécurité humaine et de l’environnement :
- Lutte mécanique : destruction des nids par des professionnels équipés (ne pas essayer soi‑même en raison du risque d’exposition aux poils).
- Lutte biologique : encouragez les prédateurs naturels (oiseaux insectivores, chauves‑souris). Installer des nichoirs à mésanges est une méthode simple et efficace : ouverture d’environ 32 mm, poser le nichoir entre 2,5 et 3,5 m de hauteur, orienté sud‑est, à l’abri des vents dominants.
- Lutte chimique et piégeage : réalisable par des professionnels agrées et lorsque la situation l’exige, en limitant l’impact sur les autres espèces.
- Gestion des peuplements : la diversification des essences et l’entretien forestier peuvent ralentir la progression de la processionnaire à l’échelle des massifs.
En forêt domaniale, les services forestiers évitent l’usage systématique d’insecticides pour protéger l’ensemble des espèces. Pour les particuliers, faites appel à des professionnels agréés pour toute intervention sur des nids ou des arbres infestés.
Conseils pratiques
- Évitez de toucher les chenilles, les nids récents ou anciens, et les zones infestées.
- Ne faites pas sécher votre linge à l’extérieur près d’arbres atteints par grand vent.
- Au retour d’une balade en forêt, changez de vêtements et prenez une douche si vous pensez avoir été exposé.
- Si des symptômes apparaissent chez une personne ou un animal, consultez rapidement un professionnel de santé ou un vétérinaire.
Note : la mésange charbonnière est un prédateur efficace des chenilles processionnaires et peut consommer plusieurs centaines de chenilles par saison ; la pose de nichoirs favorise donc la lutte naturelle.
Page mise à jour le 28/11/2025
















