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Le Luberon, on y arrive souvent par les villages. Gordes sur son éperon, Roussillon dans ses ocres, Bonnieux perché à 425 mètres face à Lacoste. Et puis, assez vite, on se retrouve à chercher un point plus haut encore pas pour s'éloigner, mais pour comprendre. Pour voir comment tout ça s'articule : les massifs, les vallées, les cultures qui strient les plaines.
Le parc couvre 185 000 hectares, s'étire sur 75 kilomètres entre Cavaillon et Forcalquier, et culmine au Mourre Nègre à 1 125 mètres. Ce n'est pas les Alpes, mais c'est suffisant pour que la vue, par temps clair, porte jusqu'à la Méditerranée au sud et jusqu'aux sommets enneigés au nord.

Les villages perchés : pourquoi ils sont là-haut
Ce n'est pas un hasard esthétique si les villages du Luberon s'accrochent aux reliefs. Ils se sont développés autour des châteaux du Moyen Âge entre le Xe et le XIIIe siècle perchés en hauteur pour voir venir l'ennemi et lui compliquer la tâche. La plupart offrent aujourd'hui, depuis leurs belvédères naturels, exactement ce que leurs bâtisseurs cherchaient : une vue dégagée sur tout le territoire.
Gordes est peut-être le plus photographié, mais son belvédère reste impressionnant. Le village est posé sur une crête rocheuse à près de 370 mètres, face aux plaines du Calavon et aux Monts de Vaucluse.


Bonnieux, à 425 mètres d'altitude, domine la vallée du Calavon depuis plus de mille ans. Son belvédère, dit Lou Badareù, accessible depuis l'église haute, ouvre un panorama sur les Monts de Vaucluse et le Mont Ventoux. En face, à moins de deux kilomètres à vol d'oiseau, se distinguent les ruines de Lacoste.
Lacoste, justement. Le château qui surplombe le village a une histoire chargée : construit au XIe siècle, il est longtemps resté la propriété de la famille des Simiane, avant de devenir celui du marquis de Sade. Ses terrasses offrent des vues sur la vallée du Calavon, les Monts de Vaucluse, avec en arrière-plan le Ventoux et les Alpes, ainsi que sur le village de Bonnieux. Depuis 2001, le bâtiment en ruines est devenu la propriété de Pierre Cardin, qui a participé à sa restauration.


Roussillon, perché sur sa colline d'ocre, est dans un registre différent. Ce n'est pas tant la hauteur qui impressionne ici que la couleur du sol sous les pieds rouge, orange, jaune et le contraste avec le vert des pins. Vu d'en bas depuis la plaine, le village semble surgir d'un autre paysage.
Les crêtes du Grand Luberon : le Mourre Nègre
Pour ceux qui veulent aller plus loin, le chemin des crêtes du Grand Luberon mène au point culminant du massif : le Mourre Nègre, à 1 125 mètres d'altitude, coiffé d'une antenne hertzienne qui permet de le repérer de loin. Son nom vient du provençal : mourre signifie museau (pour la forme arrondie du sommet), nègre signifie noir.
Depuis la crête, le panorama s'étend de l'étang de Berre aux Alpes du Sud, en passant par la Sainte-Victoire et le Mont Ventoux.
Par temps très clair, la Méditerranée est visible au sud. L'ascension la plus classique part d'Auribeau : environ 9 km, 600 mètres de dénivelé, 5 heures aller-retour. Les accès sont parfois restreints en période de sécheresse estivale.
La lumière, question d'heure
Le Luberon est un territoire où l'heure du jour change tout. Le matin, avant que la lumière soit trop verticale, les reliefs se lisent mieux : les ombres portées donnent du volume aux collines, les villages émergent progressivement. Les photographes qui viennent pour Gordes ou Roussillon le savent : la golden hour du matin vaut le réveil difficile.
En fin de journée, les façades de calcaire blanc se teintent d'orange. À Gordes, à Goult, à Bonnieux, c'est un spectacle prévisible mais qui ne lasse pas. Les crêtes du Luberon, moins fréquentées à cette heure-là, sont des spots simples et efficaces pour regarder le soleil descendre sur les Alpilles à l'ouest.
Vol en montgolfière : ce que ça change vraiment
Le vol en montgolfière dans le Luberon n'est pas juste une manière originale de voir le même paysage. C'est une autre logique spatiale. Depuis la route, même depuis un belvédère, on perçoit des tranches de territoire. Du ciel, on peut voler à un mètre de hauteur comme à plus de 1 000 mètres d'altitude, et la vue panoramique embrasse l'ensemble : villages, cultures, reliefs naturels.

Les vols au départ de Roussillon survolent la zone entre Gordes et les ocres un couloir particulièrement lisible vu du ciel, où les carrières de Rustrel et le Colorado Provençal révèlent des formes géologiques impossibles à saisir depuis le sol.
Conditions de vol.
Voler en ballon nécessite des conditions aérologiques très calmes. C'est un sport aérien doux : les vols n'ont lieu que par conditions favorables, avec un vent inférieur à 20 km/h. C'est pourquoi les décollages se font exclusivement le matin, quand l'air est stable. L'activité est praticable de mars à octobre.
Le déroulé.
La prestation complète dure trois à quatre heures : gonflage, survol d'une heure en moyenne, toast aux produits régionaux accompagné de champagne, remise du certificat de vol, et retour en 4x4 au point de rendez-vous initial.
Qui opère ?
Deux opérateurs basés à Roussillon proposent des vols réguliers : Vol-Terre (Montgolfière Luberon) et Art Montgolfières. Les nacelles accueillent de 4 à 15 passagers. Le point de départ est généralement fixé dans les jours précédant le vol, en fonction des conditions météo;
Pratique.
Chaussures fermées, vêtements confortables, appareil photo. Prévoir la matinée entière. Aucune contre-indication particulière liée au vertige : le ballon n'étant pas rattaché au sol, l'effet de vertige est absent.

Après le vol : revenir à hauteur d'homme
Le paradoxe du vol en montgolfière, c'est que ça donne envie de redescendre dans les détails. Après avoir survolé les ocres de Rustrel, le Sentier des Ocres à Roussillon (2 km balisés, payant, ouvert hors période de gel) prend un sens différent on sait maintenant à quoi ressemble l'ensemble.
Les villages aperçus depuis la nacelle méritent d'être parcourus à pied : les ruelles de Bonnieux, la terrasse de l'église haute de Gordes, les terrasses du château de Lacoste ouvertes au public une partie de l'année. Le Luberon vu du ciel donne un cadre ; les villages, eux, donnent la matière.

Page mise à jour le 15/06/2026
















