- Le loup dans le Luberon : une réapparition confirmée depuis les années 2010
- 5 à 6 meutes recensées sur le territoire Luberon-Lure
- Comment le Parc naturel régional suit et étudie le loup gris
- Éleveurs et troupeaux face au retour du loup en Vaucluse
- La protection des troupeaux s'organise autour de plusieurs leviers complémentaires :
- Loup dans le Luberon : quels risques et quelle cohabitation possible ?
- Foire aux questions
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Après avoir disparu des paysages provençaux pendant plusieurs décennies, le loup (*Canis lupus*) est de retour dans le massif du Luberon. Une recolonisation naturelle qui a débuté dans le Mercantour dès 1992 et qui progresse depuis, lentement mais sûrement, vers l'ouest et le sud de la France. Le Vaucluse se retrouve aujourd'hui sur ce que les biologistes appellent le "front de colonisation de l'espèce".
Le loup dans le Luberon : une réapparition confirmée depuis les années 2010
Le loup avait disparu de France dans les années 1930-1940, victime des campagnes d'extermination menées tout au long du XIXe et du début du XXe siècle. Son retour dans le Luberon, constaté à partir du début des années 2010 avec les premières attaques sur des troupeaux domestiques, a donc quelque chose de presque improbable.
Le massif offre pourtant ce dont le loup a besoin : des forêts denses, peu fréquentées la nuit, et une faune sauvage abondante chevreuils, sangliers, lièvres. Sa position géographique en fait aussi un couloir naturel entre les Alpes et les reliefs plus occidentaux, ce qui explique pourquoi le Luberon est devenu un point de passage, puis un territoire d'installation durable pour l'espèce.

5 à 6 meutes recensées sur le territoire Luberon-Lure
À la sortie de l'hiver 2020-2021, entre 5 et 6 meutes étaient considérées comme avérées sur l'ensemble du territoire Luberon-Lure, d'après le suivi conduit par le Parc naturel régional du Luberon en lien avec l'Office français de la biodiversité (OFB). Ces groupes familiaux occupent principalement le Grand Luberon, les monts de Vaucluse et le plateau de Lagarde-d'Apt.
Ce chiffre doit cependant être lu avec prudence. Le loup est une espèce mobile, dont le domaine vital peut s'étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés. La composition des meutes change au fil des saisons naissances, mortalité, départs d'individus ce qui rend tout bilan définitif difficile à établir. C'est précisément cette difficulté qui a motivé la mise en place d'une étude scientifique dédiée.
Comment le Parc naturel régional suit et étudie le loup gris
En 2022, le Parc naturel régional du Luberon a lancé une étude spécifique sur le loup gris, en partenariat avec l'OFB et l'Université d'Aix-Marseille. L'objectif était simple : mieux connaître comment les meutes utilisent le territoire, pour pouvoir ensuite partager cette information avec les éleveurs, les élus locaux et les habitants.
Le travail de terrain a été conduit par Marie Thomé, alors étudiante en master de gestion de la biodiversité. La méthode combinait la pose de pièges photographiques répartis sur une grille de communes d'Oppedette à La Bastide-des-Jourdans, en passant par Céreste et Viens et la recherche d'indices de présence sur le terrain : empreintes, excréments, restes de proies.

Les pièges photographiques, outil clé de l'étude du loup gris
Les pièges photo ont l'avantage d'être non intrusifs. Installés dans des zones de passage potentielles, ils permettent de détecter des individus sans jamais les déranger. Les données ainsi collectées complétées par des analyses statistiques donnent une image plus précise des territoires occupés, des effectifs approximatifs et des habitudes de déplacement de l'animal. Toutes les images permettant d'identifier des personnes ou des véhicules ont été détruites conformément à la loi ; seules les données faunistiques ont été conservées et analysées.
Éleveurs et troupeaux face au retour du loup en Vaucluse
Pour les éleveurs du secteur, la situation est concrète et souvent épuisante. Une brebis retrouvée morte au petit matin, un troupeau en état de stress pendant plusieurs jours après une attaque, des nuits à surveiller ce quotidien, de nombreux bergers du Luberon le vivent depuis plusieurs années. L'ouest du Vaucluse, où le loup progresse ces dernières saisons, commence à connaître les mêmes tensions.

La protection des troupeaux s'organise autour de plusieurs leviers complémentaires :
Les parcs de nuit : regrouper les animaux dans des enclos électrifiés la nuit reste l'une des mesures les plus efficaces.
Les chiens de protection : les patous et autres chiens de conduite jouent un rôle de dissuasion, mais leur présence sur les sentiers de randonnée crée parfois des frictions avec les promeneurs, qui ne savent pas toujours comment réagir face à ces animaux protecteurs.
La présence humaine : recruter un aide-berger, même temporairement, change la donne lors des périodes à risque.
Des dispositifs publics d'indemnisation existent pour compenser les pertes et cofinancer une partie des investissements de protection, dans le cadre du Plan national d'actions sur le loup. Le Parc naturel régional et l'État accompagnent techniquement les exploitations, avec des approches adaptées à chaque situation.
Loup dans le Luberon : quels risques et quelle cohabitation possible ?
La question revient souvent, surtout auprès des familles qui randonnent dans le massif : le loup est-il dangereux ? La réponse des spécialistes est claire : non. Le loup sauvage craint l'homme et l'évite systématiquement. Les observations directes restent rarissimes, et les incidents avec des humains sont inexistants en France dans le contexte de la recolonisation actuelle.
Le vrai sujet, c'est la cohabitation sur le long terme. Entre les impératifs du pastoralisme, l'attrait des naturalistes pour cette présence retrouvée, et les usages récréatifs du massif, les tensions existent. Elles se règlent rarement dans l'abstrait c'est sur le terrain, commune par commune, exploitation par exploitation, que les équilibres se trouvent. Le Parc naturel régional joue ici un rôle de médiateur, cherchant à maintenir le dialogue entre des acteurs dont les intérêts ne se superposent pas toujours.
La question de l'éradication ne se pose pas légalement : le loup est une espèce strictement protégée en France au titre de la Convention de Berne et de la directive Habitats de l'Union européenne. Le cadre est donc celui de la gestion, pas du choix d'accepter ou non la présence de l'animal.
Foire aux questions
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Le loup est-il dangereux pour les randonneurs dans le Luberon ?Non. Le loup fuit la présence humaine et les observations directes sont exceptionnelles. En revanche, les chiens de protection des troupeaux (patous) peuvent être impressionnants : si vous en croisez un, contournez le troupeau sans courir et sans geste brusque.
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Combien de meutes vivent actuellement dans le Luberon ?Entre 5 et 6 meutes étaient confirmées sur le territoire Luberon-Lure à l'hiver 2020-2021. Chaque meute compte généralement entre 3 et 7 individus, mais ce chiffre varie selon les saisons.
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Quelles sont les zones les plus fréquentées par le loup ?Le Grand Luberon, les monts de Vaucluse et le secteur de Lagarde-d'Apt sont les zones de présence les mieux documentées.
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Que faire si j'observe un loup ?Restez calme, ne cherchez pas à l'approcher. Notez l'heure, le lieu et les caractéristiques de l'animal si possible, puis signalez votre observation au Parc naturel régional du Luberon ou à l'OFB, ces données contribuent directement au suivi scientifique.
Page mise à jour le 22/05/2026
















