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L'essentiel
Découvrez l’histoire de la Résistance dans le Luberon pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), ses lieux-clés, ses acteurs et ses principales actions, ainsi que la mémoire locale. Comprenez le rôle géographique du Luberon dans la Résistance, le fonctionnement des maquis et l’acheminement vers la Libération.
- Cadre et contexte : le Luberon sert de refuge et de base logistique pour les maquis et les réseaux, avec Apt, Cavaillon, Manosque, Pertuis et Forcalquier comme centres de commandement et de coordination.
- Acteurs et secteurs locaux : figures locales (ex. Louis Martin‑Bret), réseaux FTP/FTP‑MOI, mouvements de la Résistance (MUR, FFI, ORA), soutenus par des liaisons avec les Alliés et les services britanniques.
- Actions menées : diffusion de presse clandestine, renseignement, aide aux réfractaires au STO, sabotages et création de maquis, déploiement d’armes et d’équipements reçus par parachutage.
- Parachutages et soutien allié : parachutages d’armes et de matériel allié au printemps 1944, dépôts cachés et improvisation face à des livraisons limitées.
- Débarquement et libération : rôle des maquis et des réseaux dans le cadre de l’Opération Dragoon et des combats qui suivent, avec des libérations partielles autour des villes (Manosque, Forcalquier, etc.) et le retour des troupes alliées.
- Conséquences et mémoire : contribution à la libération de la Provence, pertes humaines et déportations, érection de mémoriaux et mise en place des itinéraires de visite tels que les chemins de la Liberté, dont celui partant de Lagarde d’Apt.
- Conditions de vie et pénuries : impact des pénuries alimentaires, du STO et des bombardements sur Marseille et les villes du littoral, et répercussions sanitaires dans la région.
- Héritage et mémoire locale : maintien du souvenir par des associations, cérémonies et monuments, et transmission via des itinéraires et sites historiques dédiés à la Résistance.
Situé entre les Alpes et la vallée du Rhône, le Luberon a été, pendant la seconde guerre mondiale, un territoire où se sont organisés de nombreux groupes de résistants.
La Résistance au Luberon
Grâce à sa géographie accidentée, ses plateaux et ses ravins, le Luberon a servi de refuge, de base logistique et de zone d'action pour des maquisards, des réseaux de renseignement et des groupes de sabotage. Découvrez le contexte local, les actions menées, le rôle des maquis lors du débarquement de Provence et la mémoire de ces événements.

Contexte historique
Dès 1940, la Résistance s'est développée en France, particulièrement en zone libre, malgré la politique répressive du régime de Vichy et la présence croissante des forces d'occupation. Après les débarquements alliés en Afrique du Nord (novembre 1942), la zone libre fut occupée par les troupes allemandes et italiennes, ce qui a durci la répression et intensifié l'activité des réseaux clandestins.
Dans le Luberon, comme ailleurs en Provence, des habitants de tous horizons — ouvriers, paysans, fonctionnaires, jeunes et anciens militaires — se sont organisés pour résister : diffusion de la presse clandestine, renseignement, aide aux réfractaires au STO, sabotages et formation de maquis.
Organisation locale et lieux de commandement
La résistance dans le Luberon prit d'abord la forme d'initiatives locales. Progressivement, ces actions se structurèrent sous l'impulsion des organisateurs régionaux et nationaux. Des secteurs furent délimités et certaines communes devinrent des centres de commandement et de coordination, notamment Apt, Cavaillon, Manosque, Pertuis et Forcalquier. Ces villes servaient autant pour l'organisation des liaisons que pour la réception d'informations, de volontaires et parfois de matériel.
Les actions des Résistants
Les actions menées dans la région furent variées et complémentaires :
- la diffusion de la presse clandestine pour maintenir l'information et le moral ;
- les réseaux de renseignement qui surveillaient les mouvements ennemis et renseignaient les Alliés ;
- les sabotages visant lignes de chemin de fer, voies de communication et ponts pour gêner les transports et les renforts ennemis ;
- la création de maquis, camps de résistants souvent implantés dans des zones difficiles d'accès.
Les premiers maquis de la région apparurent dès février‑mars 1943. Souvent peu ou pas armés au départ, ils étaient initialement prévus pour harceler l'ennemi et préparer l'appui aux opérations alliées. Les groupes FTP (Francs-Tireurs et Partisans) menèrent des actions de sabotage et de guérilla urbaine, tandis que d'autres formations rurales se concentraient sur la protection des réfractaires au service du travail obligatoire et sur l'organisation logistique.
Les parachutages d'armes et de matériel alliés se multiplièrent au printemps 1944. Organisés par les réseaux britanniques et français, ces parachutages restèrent cependant limités en nombre et mal répartis, ce qui contraignit souvent les maquis à improviser et à conserver des dépôts cachés. Certains sites de parachutage ou de dépôt furent découverts et saisis par l'occupant, entraînant pertes et arrestations.
La répression fut parfois très violente : raids, arrestations, tortures, exécutions sommaires et déportations touchèrent résistants et civils. À partir du printemps et surtout après le 10 juin 1944, la pression et les opérations de nettoyage se multiplièrent dans plusieurs secteurs du Luberon.
Figures et secteurs
Parmi les figures locales, Louis Martin‑Bret, résistant originaire de Manosque, est cité pour son implication dans les maquis de la région. Des secteurs autour de Gordes, du Castellet et de la Motte d'Aigues accueillirent des groupes de résistants : le relief facilitait l'accueil des parachutages et la création de dépôts d'armes.
Le débarquement du 15 août 1944
Le débarquement en Provence, connu sous le nom d'Opération Dragoon, débuta le 15 août 1944. En préparation de cet événement, l'ensemble des maquis amplifia leurs actions : embuscades, sabotages et neutralisation d'infrastructures afin de gêner les colonnes ennemies et d'empêcher l'arrivée de renforts.
Des ponts et des voies furent détruits près de Manosque et de Cavaillon pour ralentir l'ennemi, tandis que d'autres points furent préservés pour faciliter l'avancée des Alliés — comme le pont de Mirabeau. Les résistants du Luberon servirent aussi de guides pour les troupes alliées et prirent part aux combats, au péril de leur vie. Plusieurs localités furent provisoirement libérées au cours de l'été 1944, notamment Manosque et Forcalquier.
Conséquences et mémoire
Les actions de la Résistance dans le Luberon contribuèrent directement à la libération de la région et facilitèrent l'avancée des forces alliées après le débarquement. Ces opérations eurent cependant un coût humain élevé : résistants tués au combat, civils victimes de représailles, déportés politiques et juifs déportés depuis la région.
Aujourd'hui, de nombreuses communes ont érigé des mémoriaux et organisent des commémorations en souvenir des hommes et des femmes qui ont risqué leur vie. Des itinéraires de randonnée, souvent appelés "les chemins de la Liberté", permettent de visiter les lieux emblématiques du maquis et de mieux comprendre l'histoire locale. L'une de ces randonnées part de Lagarde d'Apt et traverse plusieurs sites évoquant ces épisodes.
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